Lexique
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L’Abbaye est bâtie sur un ruisseau, la Fontdouce, qui a donné son nom au monastère.
Historique de l’abbaye
Un premier monastère modeste
L’Abbaye de Fontdouce est fondée vers 1111 sur les bords de la « Fontaine Douce », par Guillaume de Conchamp, seigneur de Taillebourg.
On peut supposer que les premiers moines vécurent dans des bâtiments en bois dont l’emplacement, compte tenu de la topographie particulière des lieux (construction en terrasse), est difficile à déterminer.
Le plus ancien vestige en élévation pourrait être les chapelles superposées (chapelles haute et basse) datant des années 1120.
Les moines, des bénédictins, suivent des règles d’inspiration cistercienne, caractérisées par un mode de vie très austère, ce que reflète la grande sobriété de la chapelle basse.
Moine bénédictin, suivant la Règle de Saint Benoît :
Pour atteindre la sainteté, trois vertus sont nécessaires : Le silence, qui permet d’entendre la voix de Dieu, l’obéissance à l’abbé, qui tient la place du Christ dans la communauté, et l’humilité.
Le temps au monastère est partagé entre le travail manuel, la prière, et la lecture et méditation de la Bible.
L’apogée de Fontdouce
Au début du XIIIe siècle, accolé à l’ouest de la première abbaye romane, un second monastère de style gothique est construit. Cet ensemble comprend notamment la salle capitulaire, le parloir-couloir et l’église abbatiale, aujourd’hui détruite. L’abbaye connaît son apogée à partir de cette époque : en plus de ses prieurés (la Grainetière en Vendée et la Tenaille près de  Pons), elle possède des terres dans un rayon de 100 km, incluant des salines sur la côte. Ses moines, dont le nombre a dû fortement s’accroître, vivent dans une certaine opulence, en témoigne la richesse de l’ornementation de la salle capitulaire.
Les périodes sombres de l’abbaye
Au XVe siècle, Fontdouce obtient le titre d’ «Abbaye Royale » entraînant un profond changement de son mode d’administration : l’abbé n’est plus élu par ses pairs au sein de la communauté mais il est nommé par le roi.
C’est souvent un grand laïc à qui le roi octroie la commende, et qui profite d’une grande partie des revenus de l’abbaye. Quoiqu’il en soit, cette nomination entraîne peu à peu le déclin de l’abbaye comme centre spirituel et économique.
Puis, les Guerres de Religions, au XVIe siècle, accélèrent sa décadence.
L’église abbatiale est saccagée : elle ne sera jamais reconstruite.
De plus, l’Abbaye connaît de gros problèmes d’inondation du fait de sa position sur la Fontdouce et des destructions provoquées par les Guerres de Religions. Pour permettre aux bâtiments de rester hors d’eau, le sol est surélevé d’environ 1,5 m à l’intérieur des salles comme à l’extérieur.
Les années suivant la Révolution Française apportent également leur lot de destructions : plusieurs bâtiments dont le réfectoire disparaissent. Les 5 derniers moines sont chassés en 1793 et l’année suivante le site est vendu comme Bien National pour servir de propriété agricole. Le fermier qui rachète les lieux, construit alors en 1820 sur les restes des bâtiments
conventuels, une maison style Premier Empire, celle que vous apercevez audessus des jardins. Elle est toujours habitée aujourd’hui.
Fontdouce renaît
Dans les années 1820, Fontdouce entre dans la famille des actuels propriétaires qui, en 1958, font classer « Monuments Historiques » les parties gothiques, salle capitulaire et parloir. En 1970 ils entreprennent les premiers travaux de restauration (dégagement puis taille de pierre), ce qui vaudra le troisième prix du concours «chef d’oeuvre en péril» en 1979. En 1986, le site est entièrement classé «Monument Historique ».
Aujourd’hui, Fontdouce demeure une propriété privée, tournée vers les activités touristiques, cultuelles et culturelles, soutenue dans ses actions de mise en valeur par une équipe de passionnés regroupés au sein de l’Association Guillaume de Conchamp.

1 et 10 Chapelles

Salle des moines

2 Salle capitulaire

3 Cellier Cuisine


5 Jardins à la française
Place du Cloître, détruit durant la Révolution
Refectoire détruit durant la Révolution

6 Jardin des simples

8 Cimetière

9 Eglise abbatiale


Soubassements d’édifices antérieurs au XIIIe siècle:
En voulant redessiner les jardins «à la française», en 1996, les fouilles permettent de mettre à jour les soubassements de plusieurs édifices antérieurs au XIIIe siècle correspondant au premier monastère roman, dont le cloître, adossé aux chapelles superposées. Cependant la fonction de certains de ces vestiges reste, à ce jour, indéterminée. On a pu y retrouver notamment l’emplacement d’une cheminée. Peut-être faut-il y voir des bâtiments fonctionnels à mettre en relation avec la proximité du lit de la Fontdouce (moulin, tannerie, forge…). Il en reste aujourd’hui les murets qui bordent le chemin et le jardin.
Dirigez vous vers la petite porte sur la gauche et entrez dans la « chapelle basse »…
La chapelle basse
Elle pourrait correspondre à l’église du premier monastère roman, c’est à-dire le lieu de prière des moines. Elle est caractérisée par son style architectural très austère : une nef unique sans transept, une voûte en plein 1 7 et une abside (au fond de la chapelle) en cul de four, le tout sans aucun motif de décoration.
Vous noterez sur les parois intérieures de la chapelle les croix à neuf pointes. Il s’agit de croix de consécration que les évêques apposaient sur les murs d’une église nouvellement construite afin de signifier qu’elle était bien baptisée.
Sur les parois, à 70 cm du sol, on observe la trace du remblai dégagé dans les années 1975. A cette époque toutes les ouvertures sont encore murées ; on y accédait uniquement par la porte du fond, alors plus large pour pouvoir y rouler des barriques. En effet, cette salle servait de chai de vieillissement pour les eaux de vie.
Expérience
Dans le fond de la chapelle basse, n’oubliez pas de prêter l’oreille à l’acoustique surprenante. Placez-vous face à l’abside, près de l’autel, puis parlez. Les personnes, placées à l’arrière de la chapelle basse, vous entendront mieux, que si vous vous adressiez à eux de face. Ce phénomène s’explique par les pots acoustiques : petits trous de 2 à 3 centimètres de diamètre creusés dans les murs de l’abside avec un vase cylindrique implanté dans la pierre, derrière le mur : Dans certains édifices, ces pots acoustiques sont appelés vases acoustiques, car il s'agit de véritables cavités en forme de vase, creusées dans la pierre.
Ces trous acoustiques amplifient le son tandis que la voûte en cul de four, par sa forme même renvoie le son dans la chapelle.
Depuis la chapelle basse, accédez à la salle capitulaire par la porte du fond…
La salle capitulaire ou salle du chapitre
Avant sa remise en état qui débute en 1974, la salle capitulaire est enfouie sous 1,50 m de remblai, toutes les baies donnant sur la cour sont bouchées et un mur construit parallèlement au ruisseau la sépare en deux parties. Il a également fallu remplacer les 6 piliers centraux.
C’est la salle de réunion de l’abbaye, du mot latin « capitulum », qui veut dire chapitre. C’est la salle la plus importante d’un monastère : on y réglait les questions de discipline (chapitres des coulpes où l’on prononçait la sanction des moines coupables de fautes), s’y discutaient les questions matérielles, on y décidait l’admission des novices, y avait lieu l’élection des abbés et la réception des hôtes de marque. Enfin y étaient faits le prêche des sermons, les annonces et proclamations communiquées par l’évêque ou le pape et surtout la lecture quotidienne d'un chapitre de la règle de St Benoît, d'où le nom « Salle du Chapitre ».
Cette salle, qui fait partie du deuxième monastère, a été construite au début du XIIIe siècle. Elle est remarquable par sa taille (avec ses 6 piliers et ses 12 travées, c’est l’une des plus vastes de France), par la richesse de son ornementation et par son style architectural très développé, probablement d’inspiration parisienne ou angevine.
Admirez les clés de voûte ainsi que les clés de formeret (clés de voûte accolées au mur) parmi lesquelles une tête tricéphale symbolisant peut-être la Sainte Trinité.
Les pavages mis en évidence vers le ruisseau correspondent au dallage d’origine.
C’est une dérivation de la Fontdouce qui traverse cette salle. Elle permettait d’alimenter le réfectoire et les cuisines situés plus en aval, dont il nous reste très peu de traces aujourd’hui.
Sortez de la salle capitulaire par la grille et montez les 6 marches menant à l’extérieur…
Cloître, réfectoire et dortoir des moines
Vous vous trouvez à présent dans le cloître du monastère gothique, aujourd’hui complètement disparu. Par ailleurs, ce cloître était à l’origine clos au sud par le réfectoire qui fut entièrement détruit pendant la Révolution.
Forme d’un cloître typique Au-dessus de la salle capitulaire, se situait l’ancien dortoir des moines, transformé en maison d’habitation au début du XIXe siècle.
Cette maison était alimentée en eau courante grâce à la pompe à eau, que vous pouvez observer sur le mur extérieur.
Face à la porte qui donne accès à l’auditorium, vous pouvez apercevoir le clocher ou  campanile. Ce campanile, placé au dessus des cuisines, a été installé ici après la destruction, durant les Guerres de Religions, du clocher de l’Eglise abbatiale.
Entre les cuisines et le dortoir, se situait le réfectoire des moines.
Pénétrez à présent dans l’auditorium…
L’auditorium ou parloir-couloir
Ce couloir gothique est un axe de communication entre le cloître gothique et les jardins. C’est le seul lieu du monastère où les moines étaient autorisés à se parler, sous la surveillance du prieur (second de l’abbé).
Ailleurs, la communication se faisait par un système de gestes codifiés et les moines devaient respecter le « silence perpétuel ». A ce propos, la « communication secrète » indiquée dans la partie basse de l’un des piliers, est un trou oblique permettant d’écouter sans être vu à partir de la salle capitulaire. C’est un moyen pour l’abbé de s’assurer que les moines n’abusent pas de leur droit de parole qu’on leur laissait dans cette salle.
Sur les murs, vous apercevez plusieurs sortes de marques lapidaires, notamment des étoiles et des S situés respectivement sur et au-dessus des tailloirs1* des deux premiers chapiteaux de la salle. Ces exemples, ainsi que de nombreux autres, sont les « signatures » de ceux qui ont conçu la voûte et des tailleurs de pierre, rétribués à la tâche, au nombre de pierres.
Comme le montre le schéma, le chapiteau est composé de 3 éléments : le tailloir, la corbeille et l’astragale. Le tailloir est une tablette de pierre surmontant le corps du chapiteau.
L’ « enfermerie »
De ce parloir-couloir, on accède par une petite porte à droite à une pièce dont l’usage est encore indéterminé.
Il s’agissait peut-être d’une « enfermerie » pour les moines ayant failli à la Règle, ou encore d’un cellier qui permettait très certainement aux moines de stocker les denrées dans un endroit frais et peu lumineux.
Ressortez de l’auditorium en direction des jardins…
Les jardins du monastère
Le jardin du logis abbatial, à la française depuis le XVIIe siècle, constituait son décor. S’ajoutaient souvent : potagers, jardin des simples, vergers, bois, pièces d’eau et terres cultivées.
Les jardins « à la française »
Les jardins de l’abbaye ont été redessinés en 1996 et retracent bien le plan classique du jardin « à la française », par quelques caractéristiques : un terrain rectangulaire avec des axes principaux et secondaires géométriques et symétriques. Il s’agit d’une large terrasse accessible par trois marches.
Notez que l’eau est omniprésente à l’abbaye : bassins, fontaines et canaux rythment la vie de Fontdouce. Les moines étaient en effet réputés pour leur maîtrise de l’eau, afin de pouvoir vivre en quasi-autarcie dans leur monastère.
Au fond du jardin…
Le jardin des simples
A l’époque médiévale, le jardin a une importance primordiale et une symbolique très forte. On retrouve ainsi dans toutes constructions religieuses la volonté de recréer le paradis terrestre, le jardin le plus célèbre de la culture chrétienne.
Un jardin des simples (« Herbularius ») est créé au sein de chaque
monastère. Le terme « simple » désigne un remède obtenu à partir d’un seul végétal, par opposition aux compositions complexes des apothicaires. On y cultive des plantes médicinales mais aussi des plantes aromatiques et des condiments.
Ce jardin des simples, inauguré en 2005, est composé d’une partie des plantes recensées par Charlemagne dans le Capitulaire de Villis. Les vertus de nombreuses plantes sont décrites par Hildegarde de Bingen (1098-1179), cette abbesse, célèbre au sein de toute l’Europe pour ses « visions », qui était également passée maître dans l'art de guérir par les plantes.
La culture des plantes médicinales ne suffisait pas à couvrir les besoins de la communauté qui soignait ses propres moines, mais aussi une foule de nécessiteux. Ainsi il existait aussi un réseau d'échanges entre les abbayes, selon les spécialisations de chacune.

Quelques exemples des vertus des plantes :
Laurier blanc
Dans la tradition chrétienne, lors du Dimanche des Rameaux, une semaine avant Pâques, les
fidèles accueillent le Christ lors de son arrivée à Jérusalem en jonchant le sol de branches de laurier.
Beaucoup utilisées dans les préparations culinaires comme aromates, les feuilles de laurier
possèdent également des vertus médicinales pour faciliter la digestion et combattre la fatigue.
Sauge sclarée
Très utilisée pour relever et parfumer les plats, la sauge est une plante essentielle dans le jardin médiéval.
Elle est aussi très appréciée de tout temps pour ses innombrables vertus thérapeutiques. Sauge
vient du latin « salvare » qui signifie « sauver ». Au Moyen Age, la sauge sclarée était réputée pour sa vertu d’entraîner la guérison des troubles de la vue. De plus il est rapporté que la sauge sclarée rendrait euphorique. Elle a surtout un effet relaxant et est utilisée en huile essentielle pour soulager tous types de stress, notamment l’asthme et la migraine.
Hysope
L’hysope figurait parmi les « plantes sorcières », car elle a la faculté de résister à tout : « elle
a tellement de puissance que même la pierre ne peut l’empêcher de pousser là où elle est semée ». Cette plante sacrée, citée dans la Bible, est à la fois condimentaire et médicinale. En cuisine ses feuilles hachées parfumaient les rôtis et les sauces.
Bien que son huile essentielle se révèle toxique, ses talents guérisseurs étaient aussi très exploités. Hippocrate la prescrivait dans le traitement d’affections pulmonaires ; elle est aussi utilisée pour purifier l’organisme. Stimulante, l’hysope est censée ouvrir l’appétit et tonifier la peau.
Mauve et Guimauve
Cultivées pendant tout le Haut Moyen Age et très présentes dans les jardins des monastères, la
mauve et la guimauve étaient par ailleurs recommandées par Charlemagne qui les voulait comme ornements de ses jardins impériaux.
La mauve a des vertus médicinales notées par Hildegarde de Bingen. Elle la préconise « dans le cas de fièvres », et « si on a mal à la tête ». Mauve et guimauve étaient préconisées pour chasser les venins, mais elles restent surtout connues pour leurs propriétés adoucissantes, en tisanes ou en cosmétiques.
Qui ne connaît pas les bonbons à la guimauve ? Au Moyen Age, les mères donnaient des racines de guimauve à mâcher aux enfants lorsqu’ils avaient mal aux dents et pour faciliter la digestion.
Romarin
Le romarin était une plante sacrée et symbolique. En plus de parfumer les sauces, il entrait aussi dans la composition de nombreux remèdes : Contre les troubles nerveux, les affections grippales, la jaunisse, les pertes de mémoire, les blessures et même la peste grâce à ses fleurs confites dans le sucre !
Sarriette
Condiment apprécié, la sarriette est dotée au Moyen Age d’un pouvoir aphrodisiaque. Cette
vertu stimulante conduisit plus tard le Marquis de Sade à faire servir des confiseries à base de
sarriette au cours d’une réception.
Toutefois, dans la tradition chrétienne, la sarriette était un symbole d’innocence et préfigurait
la vie monacale.
La sarriette a également des vertus thérapeutiques comme soulager de la goutte, des aphtes
et des angines.
Tanaisie
Son goût amer était très apprécié pour parfumer les plats à l’époque médiévale et était consommée notamment pour rompre le jeûne du Carême. Il est conseillé de nos jours de ne pas l’utiliser car elle contient des éléments toxiques.
Il s’agissait en outre d’une plante un peu « sorcière ». Par exemple, « pour rendre un enfant gai et beau », il suffisait de brûler un faisceau de tanaisie sous son lit. Bonne pour la digestion, contre la toux, elle est restée médicinale, avec beaucoup de modération, son huile essentielle ayant été reconnue très toxique.
La tanaisie a longtemps été utilisée comme insecticide, ou pour parfumer armoires et maisons.
Rue
La rue est une plante aujourd’hui délaissée à cause de son odeur particulièrement désagréable
Lorsqu’on froisse les feuilles entre les doigts.
Amère, malodorante, cette herbe « magique, sorcière », qui avait la réputation d’éloigner les serpents, était pourtant un emblème de la fidélité ! Elle était également utilisée pour provoquer les avortements.
Au Moyen Age, la rue a un usage culinaire. Toutefois il est conseillé de ne pas l’employer en cuisine, elle est considérée comme ayant des effets toxiques.
La rue est aussi une plante officinale. Au Moyen Age, elle entrait dans la composition du
« vinaigre des quatre voleurs » censé protéger de la peste. A petite dose, la rue a aujourd’hui des vertus toniques qui facilitent la digestion. Enfin, elle est aussi utilisée comme répulsif pour les insectes.
Aurone
L’aurone est également appelée « armoise citronnelle » et « plante de la Saint-Jean », en relation avec l’histoire de Jean-Baptiste. Celui-ci aurait, selon la légende, traversé le désert une ceinture d’armoise à la taille, la plante lui permettant d’échapper aux bêtes sauvages.
L’aurone est ainsi considérée au Moyen Age comme une plante magique et elle jouit d’une grande réputation. On l’ordonnait aussi bien contre les maux d’estomac et les morsures de serpent que contre la possession démoniaque. Elle appartient à ce groupe de plantes appelées « plantes de femmes », dont on dit qu’elles soulagent les maux spécifiques aux femmes et aident les accouchements difficiles.
Elle dégage un parfum très agréable qui a de plus la faculté de repousser les mites. Un bouquet d’aurone est fort utile dans une armoire.
Pour plus d’informations sur le jardin des simples, veuillez vous adresser à l’accueil.

A partir des jardins, empruntez le petit escalier qui conduit derrière
les chapelles superposées…
L’église abbatiale
Plan au sol de l’abbatiale vue du ciel, avec figuration des parties non dégagées en pointillés.
Construite à partir de la deuxième moitié du XIIe siècle, elle est détruite en partie pendant les Guerres de Religions puis à la Révolution. On retrouve cependant sa forme en croix : la nef très étroite, est délimitée par le talus côté nord et par la murette à l’opposé et elle se prolonge jusqu’au mur du fond (à l’ouest). Du transept, on ne retrouve que la partie sud avec notamment la base d’un pilastre de onze colonnes qui laisse imaginer la hauteur de l’abbatiale. Côté est, a été dégagé le pavage d’origine de ce qui était le chœur de l’abbatiale et on peut également voir le plan de deux absidioles.
Les deux absidioles
Accolées au transept sud se trouvaient deux absidioles, l’une aujourd’hui simplement redessinée sur le sol et l’autre possédant encore ses murs. Cette deuxième absidiole a été redécouverte en 2003 par les propriétaires de l’Abbaye. Autrefois, un mur obstruait cette salle comblée d’ 1,50m de terre.
Cette absidiole est caractéristique de l’art cistercien : elle est à fond plate.
Le cimetière L’emplacement d’un cimetière a été retrouvé au nord-ouest de l’abbatiale, à l’extérieur de l’enceinte de l’abbaye.
Sur le monticule, dans le coin au nord-est de l’église abbatiale, sont exposées les cuves en calcaire des sarcophages destinés aux moines-prêtres.
Les alvéoles funéraires étaient destinées aux convers-serviteurs, qui ne faisaient que des vœux temporaires, et n’avaient donc que la tête reposant dans un capuchon de pierre, avec le reste du corps dans la terre.
Chevet
A droite de l’absidiole à fond plat, se trouve une petite porte qui vous permettra d’accéder
à la chapelle haute…
La chapelle haute
A l’origine, cette chapelle était d’un seul tenant : elle devait servir soit d’infirmerie, soit de chapelle privée à l’abbé. Au XVIIIe siècle, elle est transformée en trois pièces d’appartement avec deux cheminées : un appartement réservé au père abbé qui n’a toutefois plus l’obligation de résider sur place. A cette même période, les fenêtres romanes sont murées
et d’autres, plus contemporaines, sont ouvertes côté sud.
Notre Dame de Fontdouce
Notre Dame de Fontdouce, ou « Vierge à l’Enfant » est une œuvre sculptée par un moine au XVe siècle dans un noyer massif. On peut aujourd’hui l’admirer à l’église voisine de Saint-Bris-des-Bois. Elle fait l’objet d’un pèlerinage annuel tous les 15 août, suivi d’une messe dans la salle capitulaire. Durant les troubles révolutionnaires, elle avait été cachée dans les bois.
L’aquarelle de Pierre Vincent
Dans la dernière salle de la chapelle, remarquez dans l’abside une gravure peinte par Pierre Vincent en 1787. Découverte par hasard à Drouot par un collectionneur de la région en 1984, elle a révélé divers éléments jusqu’à présent inconnus des propriétaires. Elle permit entre autres de voir combien l’église abbatiale était imposante et de deviner le réfectoire, tous deux détruits à la Révolution.
Ressortez de la chapelle haute par la porte-fenêtre donnant sur la terrasse et descendez
les escaliers afin de vous rendre à nouveau dans les jardins.
Réfectoire Ancienne abbatiale détruite
Chapelles basse et haute
En reprenant le chemin de l’accueil, vous passez à côté du chantier de fouilles…
La salle des moines
Ce bâtiment placé en excroissance par rapport aux bâtiments claustraux (entourant le cloître), sert en général de salle des moines, salle de travail, chauffoir ou scriptorium. Il en était certainement de même à Fontdouce mais la destination exacte de cette salle reste assez difficile à préciser. Les fouilles effectuées ont cependant révélé de précieuses informations sur cette partie du monastère.
D’après les archéologues, il semble que le bâtiment ait été construit après la salle capitulaire et avant le réfectoire. Il daterait donc du 2 ou 3ème tiers du XIIIe siècle. De dimensions importantes (33m sur 13m), il comportait 9 travées longitudinales, voûtées d’ogives quadripartites.
Voûtes d’ogives quadripartites
Deux cloisons internes, construites à la fin du XIIIe siècle, voire au cours des siècles suivants, divisaient la salle en trois autres espaces bien distincts.
C’est ce constat qui permet de donner à cet espace une fonction plus importante que celle d’un simple scriptorium.
Les archéologues ont également découvert deux communications sur l’extérieur, l’une donnant sur le réfectoire, l’autre au sud.
Des niveaux d’occupation successifs ont été mis à jour et ont permis de découvrir des objets divers comme des céramiques (série de carreaux polychromes, bicolores), des débris de tuiles et de briques, un cadran solaire (probablement du XVIIe), des fragments de vitraux et des restes d’enduit peint comportant des décors floraux et géométriques.






























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