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Jonzac, église Saint-Gervais - Saint-Protais
Façonnée par la richesse et la diversité de ses origines, la pierre des édifices romans de la Charente-Maritime recèle d'étonnants mystères.
Au faîte de la façade romane de l'église Saint-Gervais -Saint-Protais de Jonzac, huit pinacles cachent dans leur niche de minuscules têtes humaines. Ce motif du XIIe siècle, unique en Saintonge, reste une énigme.
Les influences qui ont traversé la Saintonge sont multiples.
Les bâtisseurs de cathédrales puisent, aussi bien dans l'architecture romaine que dans les ivoires musulmans, les étoffes persanes et les arts graphiques des manuscrits irlandais, les sources de leur inspiration. Comme la plupart des églises romanes du Pays de la Haute-Saintonge, Saint-Gervais traduit la continuité de cet enrichissement culturel.
D'une part, son ancien vocable, Saint-Protais, laisse penser qu'elle fut fondée au premier millénaire. D'autre part, elle continuera d'évoluer tout au long des XVe, XVIIe et XIXe siècles. C'est au XVIe siècle qu'elle trouvera sa dimension actuelle. L'arrière du bâtiment est alors considérablement développé et ses collatéraux élargis.
Les pinacles à têtes humaines de la façade sont portés par de fines colonnettes
Des colonnes engagées s'élèvent de la base de la construction. Le registre médian des arcatures est formé d'arcades profondes, tandis que la partie haute s'affine progressivement. Sous les pinacles, ces colonnettes semblent être dessinées.
Les colonnettes séparent les trois niveaux de l'édifice, celui des arcades aveugles dont le portail est flanqué et les registres de deux grands bandeaux d'arcatures.
La façon dont sont liés les trois registres confère à l'église de Jonzac son unité et son originalité. Seuls quelques grands monuments, tels que La Tenaille et Notre-Dame-de-Châtres, donnent à voir ce schéma remarquable.













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