Cette église paroissiale dépendait autrefois du chapitre des chanoines de la cathédrale de Saintes.
C’est un monument roman construit au XIIe siècle dont le chevet a été surélevé plus tard afin d’être fortifié. Il se distingue par quelques singularités, dont la plus manifeste est son portail monumental s’ouvrant sur le mur sud de la nef, ce qui est rare dans la région. Il est d’autant plus exceptionnel qu’il a bénéficié d’un traitement plus sophistiqué que celui de la façade occidentale ; Ses trois voussures en plein cintre à décor végétal et géométrique sont portées par des colonnettes, et une corniche à mordillons le met en valeur. Pourquoi un tel portail ? Nous n’en savons rien, mais il faut sans doute imaginer un lien avec la configuration médiévale du village.
Aujourd’hui encore, une ruelle s’ouvre dans l’axe de ce portail. Un autre élément peut surprendre dans une église romane : c’est la présence, à l’extrémité orientale de la nef, d’une belle voûte gothique sur croisée d’ogives. A-t-on voulu remanier toute la nef à la fin du XIIIe siècle ? Ou souhaitait-on simplement couvrir une travée qui avait déjà connu des hésitations au XIIe siècle, comme l’indique la présence de colonnes romanes très rapprochées les unes des autres, sans véritable explication ? Peut-être avait-on initialement prévu d’implanter là le clocher avant de changer d’option.
Sur la clé de voûte gothique, entourée par quatre petits personnages, un étrange agneau (dont la tête retournée évoque plutôt celle d’un renard) tient une bannière à fleur de lys. D’autres personnages sculptés ornent les culs-de-lampe ajoutés pour recevoir les retombées des nervures d’ogives. Le décor sculpté roman présente des qualités variables. Acrobates, animaux fantastiques, mais aussi scènes scabreuses, démonstration du péché, constituent l’iconographie privilégiée de ces reliefs.
A l’intérieur, un chapiteau présente une scène très explicite de châtiments de l’Avare.
Classée Monument Historique en 1907.