Bien que sévèrement remaniée, l’église Saint Sylvain du XIIe siècle, conserve de nombreux témoignages architecturaux et symboliques qui lui conférèrent une originalité certaine. La présence du monde « d’en bas » apparaît, par exemple au premier étage du chevet sans le décor et qui est séparé des étages suivants par un cordon de pierre continu épousant le galbe de chaque fenêtre ; mais aussi à travers l’extraordinaire foisonnement des scènes terrestres sculptées sur la plupart des mordillons entourant l’édifice.
On y trouve pêle-mêle, animaux, visages humains, monstres ou objets courants ; cette appartenance au monde terrestre est encore accentuée par l’impression de progression qui se dégage lorsqu’on rentre à l’intérieur de l’église : le sol s’élève en effet régulièrement du portail jusqu’au cœur.
Les marques du monde « d’en haut » s’expriment notamment dans l’équilibre du chevet dont le décor réparti sur trois étages s’achève sur une frise d’arcatures de forme « lombarde », superbement ornée de cordons de pointes de diamant. On retrouve la même disposition au premier étage du clocher.
A l’intérieur, on est frappé par la sobriété de la nef dont l’élévation est encore accentuée par la simplicité des hautes colonnes en pierre terminées par des chapiteaux décorés ; Comme à l’extérieur, de simples feuillages.
Enfin, une coupole sur pendentifs, point culminant de ces deux mondes, parachève cette volonté de l’équilibre. Son architecture associe le carré (signe du monde terrestre), le cercle (signifiant le monde céleste) et le point (symbolisant la rencontre de Dieu). Une frise de pointes de diamant vient orner le tambour de la coupole, liant ainsi l’extérieur et l’intérieur de l’église.
Classée Monument Historique en 1914.